La biodynamie

L’originalité de la biodynamie, long sujet difficile à résumer, est non seulement de renforcer la vie du sol dans sa typicité toujours différente, en l’imprégnant de matière animale et végétale (compost), mais aussi par l’utilisation de différents préparats, d’aider le végétal à se nourrir et se « surnourrir » de lumière et de chaleur, d’améliorer sa photosynthèse.

Lorsqu’on regarde une fleur, on comprend que sa noblesse (couleur, odeur, arôme, forme...) vient du monde solaire. C’est cette même force, qui se manifeste chaque fois différemment, qu’il faut intensifier dans un vin ou dans un aliment. C’est cette force qui est la véritable origine de la qualité.

Lorsque la terre est trop livrée à elle-même, lorsqu’elle se coupe un peu de sa source solaire vitale, la sève redescend, les feuilles tombent, la gravité prend le dessus sur la lévité. Cela s’appelle l’hiver !

L’agriculture dite de « progrès » crée un hiver permanent en faussant la relation de la plante et du soleil, et la nouvelle génération de produit de traitement qui vont dans la sève, d’oû leur nom de « systémique » et dans le fruit, accentue ce déséquilibre. Il faut aller dans l’autre sens. Arrêtons d’isoler la vigne en détruisant les sols qui ne sont alors plus des matrices qui accueillent le monde solaire (La Terre Mère disaient les anciens). Arrêtons aussi d’isoler la vigne par le clonage ou la génétique, en cassant sa capacité à se lier à un monde invisible, subtil, qu’elle doit densifier toujours différemment en arôme dans son fruit.

La biodynamie au fond c’est simplement une dynamisation du monde vivant qui nous entoure. On l’obtient par des synergies de substances naturelles (préparations biodynamiques) qui agissent comme des catalyseurs de forces.

Si la biodynamie se développe en viticulture dans le monde entier, c’est surtout parce qu’elle a naturellement rendu le vin meilleur. C’est parce qu’elle permet à la vigne de générer des goûts que l’on avait oublié, des goûts vrais qui nous touchent et qui sont dénués de tous ces artifices que la technologie a artificiellement apportés au cellier. Trop souvent le consommateur les prend à tort pour des goûts de terroir.

Il faut savoir que dans les vins d’AOC, il peut y avoir légalement plus de 3OO goûts arbitraires qui vont de la banane, au cassis, en passant par le fruit rouge et la prune ! Ils sont très souvent obtenus par des levures dites « aromatiques » créés par génie génétique, bien que la loi permettent de ne pas le dire.

Toutes ces dérives pourraient facilement être évitées en France par une compréhension plus profonde de l’agriculture. Notre pays par toutes ses diversités climatiques et géologiques a une immense richesse naturelle de terroirs qui sont à l’origine de la création de nos AOC. Au lieu de s’en servir comme d’un formidable atout économique, on les a trop souvent détruits ou abîmés.


Extraits de textes de Nicolas Joly
Viticulteur Coulée de Serrant - Loire
Auteur de Le Vin, la vigne et la biodynamie, paru aux éditions Sang de la Terre



En savoir plus : La charte de qualité RAOC